La colonne, Torre d’en Galmés

Deux vues de la taula de Torre d'en Galmés, au sud de Minorque. De loin, elle se tient dans son enceinte de marès, entre les oliviers qui ont repris le terrain. De près, elle se dresse seule contre le ciel. Elle n'a pas bougé depuis plus de deux millénaires.

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Date de publicationAvril 2026
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Description du projet

Au-delà des pierres éboulées, au-delà des oliviers, une colonne se tient dans son enclos. On l’aperçoit d’abord de loin, entre les troncs, une forme claire derrière un mur de pierre sèche : la campagne a repris le terrain du village, mais elle n’a pas touché à cela. De près, le monument se dresse seul contre le ciel, son fût de calcaire portant la dalle horizontale, l’ensemble usé par vingt-cinq siècles de vent et de pluie.

Ces colonnes soutenaient des toits. On dressait le fût, on posait une dalle dessus, on couvrait l’espace ainsi porté. Torre d’en Galmés, le plus grand village préhistorique de Minorque avec ses 66 000 mètres carrés, en compte plusieurs, dans les pièces adossées aux maisons circulaires du versant sud. Certaines conservent encore leur toiture de dalles. Celle-ci a perdu la sienne. Il n’y a plus rien au-dessus d’elle, et pourtant elle tient sa charge, comme le seuil de la maison voisine tient encore son passage sans maison derrière. Photographie réalisée à Minorque, dans une écriture d’auteur qui lit le territoire par ses seuils — ici, ce qui reste debout quand ce qu’il portait a disparu.