
Description du projet
Le Puerto Antiguo occupe une longue entaille d’eau qui entre dans Ciutadella jusqu’au pied des maisons. Petits bateaux de pêche et voiliers y sont regroupés le long des deux rives, sous les façades blanches et les murs de marès. Au fond, le chenal s’ouvre sur la mer, gardé par un phare. Rien d’industriel ici : la pêche est restée artisanale, à échelle humaine, celle d’hommes qui partent le matin et rentrent le soir avec ce que la mer a bien voulu donner.
Un port est un seuil comme un autre, le dernier avant le large. On y franchit la limite entre ce qui est bâti et ce qui ne l’est pas, entre la pierre dorée des quais et l’eau qui ne garde aucune trace. Toute l’île se lit ainsi, par ses passages : la porte mégalithique de Torre d’en Galmés, les marches de la cathédrale, l’anneau où l’on attachait les chevaux, et ici l’étroit chenal par lequel on quitte la terre. Photographie réalisée à Minorque, dans une écriture d’auteur qui lit le territoire par ses seuils.