La neige ne tient pas à Genève. C’est ce qui rend sa venue précieuse.
En décembre 2017, le froid a duré assez longtemps pour que la neige s’accroche aux toits de la Vieille-Ville — un ou deux jours par an, pas davantage. Depuis la Tour du Nord de la cathédrale Saint-Pierre, la Rade apparaît sous un manteau qui aura disparu avant la fin de la semaine.

La vue prise d’en haut aplatit la ville. Les toits enneigés se confondent, les rues se creusent en lignes sombres, et au loin le lac se referme sur la Rade. Le jet d’eau, lui, fonctionne encore — dressé dans l’air glacé, là où on l’attendrait arrêté. Un trait vertical d’eau vive au milieu d’un paysage figé par le froid.
C’est une image qu’on ne peut pas prévoir. Il faut que le froid s’installe, que la neige tienne, qu’on soit en haut de la tour au bon moment — avant que le dégel n’efface tout. La photographie garde ce que la ville n’a gardé que quelques heures.