Post Tenebras Lux. Après les ténèbres, la lumière. La devise de Genève, prise au mot par la fin du jour.
Le Mur des Réformateurs porte la devise de la cité : Post Tenebras Lux. Quatre figures de pierre — Farel, Calvin, Bèze, Knox — hautes de six mètres, alignées contre la façade. Ce soir-là, la lumière rasante n’éclaire qu’elles. Autour, la colline et la pelouse sont déjà dans l’ombre.

Au pied du mur, deux passants. On les remarque à peine. Ils arrivent à la hauteur des socles, pas des figures — deux silhouettes vivantes devant quatre géants de pierre. C’est là que se joue l’image : non pas dans la solennité des statues, mais dans l’écart entre elles et ceux qui viennent les regarder. Le monument a été taillé pour durer des siècles ; les visiteurs seront repartis avant la nuit.
La devise promet la lumière après les ténèbres. La photographie en fixe l’instant exact : la bande de pierre encore éclairée, cernée par l’ombre qui monte. Dans quelques minutes, le soleil aura tourné et le mur rejoindra le reste du soir. Cette lumière-là n’a duré que le temps d’un cliché.