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La porte aux glycines

La porte ne s’ouvre plus. La glycine, elle, n’a pas cessé d’avancer.

Vieille porte en bois bleu délavé sous une arche de pierre dans la Vieille-Ville de Genève, encadrée et envahie par des glycines en fleurs

Une porte de bois, bleu délavé par les années, close sous son arche de pierre. Les planches ont travaillé, le bas s’effrite, les ferrures ont rouillé. On devine qu’elle ne s’est pas ouverte depuis longtemps — peut-être des décennies.

Autour d’elle, la glycine a pris toute la place. Elle grimpe sur la pierre, retombe en rideau, encadre l’arche et déborde jusqu’à mordre le bois. Là où l’homme a cessé d’entretenir, le végétal s’est installé — patient, tenace, indifférent à la porte qu’il recouvre. Quelques grappes mauves pendent dans le vert dense.

C’est une scène ordinaire de la Vieille-Ville, de celles qu’on croise sans les voir. Mais elle dit quelque chose de simple et de constant : la pierre dure, le bois cède, la plante revient. Ce que l’on ferme finit toujours par appartenir à autre chose qu’à nous.