Sur le sol, l’ombre des arbres. Dans le ciel, les nuages. Les mêmes formes, en haut et en bas.

La Promenade Saint-Antoine s’étire en ligne droite. À gauche, la terre et les marronniers ; à droite, les vieux pavés le long des façades classiques ; au centre, une bande de béton lisse qui file vers le fond. Trois bandes parallèles, presque désertes sous les nuages d’été.
C’est sur le béton clair que la scène se joue. Les marronniers y projettent leur ombre en masses molles et arrondies — et ces formes, étalées au sol, reprennent celles des nuages qui passent dans le ciel. Le haut et le bas se répondent : mêmes contours, même douceur, comme si la promenade réfléchissait le ciel à sa manière. On marche entre deux ciels, l’un au-dessus, l’autre à ses pieds.
Rien de tout cela ne dure. Les nuages se déplacent, les ombres dérivent, la lumière tourne. Dans une heure, le dessin au sol aura changé, et le ciel aussi. Seule la ligne de la promenade demeure — cette perspective tracée il y a des siècles, que le regard suit encore sans y penser.